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"LA NOUVELLE PUISSANCE AMERICAINE"

"LA NOUVELLE PUISSANCE AMERICAINE"

Posté le 04.06.2007 par gnienhoun
NOTE DE LECTURE DE "LA NOUVELLE PUISSANCE AMERICAINE" DE HENRY KISSINGER

1. Ce livre de Henry Kissinger, dont le titre original est " Does America need a foreign policy? : Toward a diplomacy for the 21st century" , est paru en français sous le titre , "La Nouvelle Puissance Americaine", aux éditions Fayart en 2003. L'oeuvre comporte 386 pages.
2. Sans doute convient-il, avant toute chose, de rappeler que Henry KISSINGER reste sans contexte l'un des plus grands spécialistes américains des relations internationales et est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : Nuclear Weapons and Foreign policy, 1957 ;The necessity for choice: prospects of American foreign policy, 1961 ; American foreign policy, 1970 ; A la maison blanche, 1979 ; Les années orageuses, 1982 ; Les années du renouveau, 2000.
Par ailleurs, il est bon de savoir que Henry KISSINGER fut conseiller du Président des Etats Unis pour la Sécurité Nationale de 1969 à 1975 puis , entre autre, Secrétaire d'Etat de 1973 à 1976 et Prix Nobel de la paix en 1973.
3. Ceci étant, l'oeuvre traite d'une manière générale de relations internationales, et plus particulièrement, de ce que doit être la politique étrangère des Etats Unis en ce début de 21ème siècle. Autrement, l'oeuvre indique ce que devra être désormais la nouvelle puissance américaine dans le monde.
4. D'entrée de jeu, l'auteur commence par nous dresser l'état de l' "ancienne" puissance américaine dans le monde, une puissance caracterisée et marquée par l'armement, l'économie, la science, la technologie, l'enseignement supérieur (P. 13). Et cette puissance, se manifeste par le fait que les « Les Etats Unis se considèrent tout à la fois comme la source et le garant des institutions démocratiques à travers le monde, s'érigeant de plus en plus fréquemment en juge de l'impartialité des scrutins étrangers et imposant des sanctions économiques ou d'autres formes de pressions à ceux qui ne respectent pas leurs règles (...) La culture populaire américaine impose des normes en matière de goût au monde entier » (P.13-14).
5. Cependant cette façon de faire pose problème car les Etats Unis ne sont pas compris par une partie du monde et font l'objet de ressentiment, et de sentiments d'exaspération (P. 14 ). Dans un tel contexte que faut-il faire ? Faut-il continuer à tanguer entre les conceptions classiques de la politique étrangère américaine, à savoir d'une part la "rectitude missionnaire" et d'autre part la conviction que « l'accumulation de pouvoir est en soi un gage d'efficacité accrue » ? Autrement, "la politique étrangère américaine doit-elle se laisser guider par des valeurs ou par l'intérêt ? Par l'idéalisme ou par le realisme ? » ( P. 16 ).
6. Pour Henry Kissinger, la politique étrangère américaine ne doit suivre ni l'un ni l'autre; la vraie gageure selon lui consiste plutôt à conjuguer l'un et l'autre car « aucun responsable de la politique étrangère américaine digne de ce nom ne saurait ignorer les traditions de singularité qui ont permis à la démocratie américaine de s'affirmer mais nul ne saurait non plus fermer les yeux sur les circonstances dans lesquelles il convient de les appliquer » ( P. 16 ).
7. Il propose alors sa propre vision de ce que devrait ( peut-être faudrait-il dire doit) être la politique étrangère américaine en donnant "une géostratégie pour une domination acceptée et inconstée" pour emprunter les termes de Jean-François CHALOT.
Il va alors définir le type de politique étrangère à mener dans chacune des 5 grandes regions du monde en tenant compte de la réalité, de la spécificité et de l' histoire de chacune d'entre elles.
8. Ainsi en ce qui concerne l'Europe, que l'auteur considère à juste titre comme le monde des démocraties, les Etats Unis ne doivent pas jouer le jeu des alliés européens, lesquels alliés desavouent de plus en plus la politique américaine à l'extérieur de la zone de l'OTAN ( P. 33 ). L'Union européenne en effet affirme plus que jamais son identité par rapport aux Etats Unis et prend souvent des initiatives qui mettent ces derniers en marge. Aussi, plutôt que de prêter le flanc à cette Europe ingrate1 , les Etats Unis doivent-ils opter pour le raffermissement des liens atlantiques: « S'ils veulent défendre leurs valeurs et leurs intérêts, les Etats Unis ne doivent pas menager leurs efforts pour relancer les relations atlantiques et leur permettre d'atteindre une nouvelle serie d'objectifs communs ,pour traiter l'Europe comme un partenaire privilégié et discuter longuement avec elle avant de prendre toute decision majeure. Mais en dernière analyse, il faut juger l'Europe - et adapter la politique américaine à son égard - selon les mêmes critères que ceux qui s'appliquent aux autres grandes puissances c'est à dire en fonction des possibilités de consolidation reciproque de la politique européenne et des intérêts nationaux américains » ( P. 56-57 ). L'idéal est même de depasser l'OTAN en élargissant son cadre.
9. Pour le continent américain, la situation d'ensemble de la démocratie est appréciable mais ces efforts risquent de tomber à l'eau si l'on n'y prend garde au regard de la montée de l'extrémisme, du developpement du narcotrafic, de la menace de la dictature, du fossé grandissant entre riches et pauvres ( P. 90 ). Les Etats Unis doivent dès lors « accelerer la création de la zone de libre échange des amériques afin de soutenir l'option démocratique et l'économie de marché » ( p.95 ) tout en luttant résolument contre le phénomène de l'insécurite, du narcotrafic.
Les Etats Unis ont tout intérêt à empêcher que le MERCOSUR s'affirme dans la region à leur depends; voilà pourquoi leurs efforts doivent tendre à fondre l'ALENA et le MERCOSUR et dans le meilleur des cas à créer une zone de libre échange des amériques car si « les Etats Unis ne developpent pas une politique claire et délibérement tournée vers l'avenir, les Etats du continent négocieront avec d'autres groupement regionaux ou s'organiseront en blocs plus restreints excluant ainsi les Etats Unis » ( P.103 ).
10. Au niveau de l'Asie, tous les efforts des Etats Unis doivent tendre à maintenir l'équilibre des forces dans cette region du monde. Qu'il s'agisse de la Chine, du Japon ou de la Corée, les Etats Unis « doivent laisser la porte ouverte à des relations constructives avec tous ces pays, sans faire de l'un ou de l'autre un adversaire par définition » ( P. 176 ). Cela d'autant plus que l'économie asiatique est de plus en plus importante pour celle des Etats Unis et « l'existence d'un bloc asiatique hostile qui associerait les Etats les plus peuplés du monde, d'importantes ressources et des populations qui sont parmi les plus travailleuses, irait à l'encontre de l'intérêt national américain » ( P. 121 ). En somme, l'Amérique doit maintenir une présence en Asie ( militaire entre autre ) ; elle doit empêcher l'Asie de constituer une entité inamicale ( P.121 ).
11. Le Proche Orient, au regard des enjeux qu'il représente, doit faire également l'objet d'une attention, on ne peut plus particulière dans la politique étrangère américaine.
D'abord, en ce qui concerne le conflit Israelo-arabe, la priorité pour Henry KISSINGER n'est pas tant de trouver une solution définitive au problème mais plutôt « d'établir une structure de coexistence pour les deux camps » ( P.182 ). Alors seulement on pourra aborder avec realisme les questions à long terme de la paix et des frontières définitives( P. 345 ). De même le rôle de médiation que joue les américains dans cette crise a besoin d'être contenu dans des limites.
Ensuite, pour ce qui est de l'Irak , ce pays est très hostile aux Etats Unis et présente une menace pour ceux-ci et pour le monde. Les Etats Unis doivent dès lors travailler à écarter Sadam Hussein du pouvoir pour qu'une coopération véritable soit possible avec ce pays. Pour renverser Saddam Hussein, les Etats Unis doivent remplir 3 conditions: « il convient (a) d'élaborer un plan militaire d'intervention rapide et décisive, (b) de définir le type de structure politique qui devra être mise en place après Saddam, et (c) d'obtenir le soutien ou l'approbation des pays indispensables à l'exécution du plan militaire »2 ( P. 332.). Il met également en garde contre le fait qu'une opération militaire contre Saddam Hussein « ne saurait se prolonger trop longtemps car l'affrontement risquerait de tourner à la lutte entre l'Occident et l'Islam. »3
Enfin, pour ce qui est de l'Iran, les Etats Unis doivent absolument améliorer leurs relations avec ce pays car il compte beaucoup pour les intérêts des Etats Unis et « il est appelé à jouer un rôle vital-décisif, en certaines circonstances- dans le golfe et au sein du monde islamique » ( P.218 ). Cependant, ce pays présente une certaine hostilité aux Etats Unis et est quelque peu indiscipliné. De fait, ce pays fait tout son possible pour compromettre la diplomatie de paix au Proche Orient; de plus, il protège le Hezbollah et il « s'est engagé dans la fabrication de missiles à longue portée (...) il met au point clandestinement une capacité nucléaire » ( P.219). Autant de difficultés qui ne facilitent pas les choses et Henry KISSINGER conseille que « tout devrait être mis en oeuvre pour parvenir à un consensus transatlantique qui associe les négociations à des pressions raisonnables et à des ouvertures diplomatiques acceptées par tous à l'égard de l' Iran » car seule « une politique ferme cohérente et conciliante peut inciter l'Iran à prendre plus rapidement des mesures politiques concrètes, fondement d'une coopération à long terme » (P.222 ). En somme, pour cette region du golfe, c'est strictement l'intérêt national des Etats Unis qui doit commander les actions américaines au détriment des principes wilsoniens de paix, de démocratie (P.206).
12. Quant à l'Afrique, elle est le parent pauvre du monde : « la pauvreté y est omniprésente. L'Afrique est le continent dont le taux de croissance économique est le plus faible et la modernisation y a pris un immense retard. Des guerres civiles accompagnées de génocides ravagent de vastes regions. La corruption sévit (...) les épidemies y déciment une part de la population supérieure à ce que l'on observe partout ailleurs : 70% des adultes et 80% des enfants atteints du sida à travers le monde vivent en Afrique » ( P. 223 ). Bien que l' Afrique n'a pas grande importance du point de vue de la sécurité américaine, Henry KISSINGER reproche aux Etats Unis leur politique africaine qui relève de "l'acte de contrition" ( P. 223 ). Il en appelle alors à la solidarité internationale, aux nations unies et aux valeurs américaines. De ce fait « la tâche la plus urgente est d'attenuer les souffrances de l'Afrique et de juguler les épidémies qui la ravagent. A long terme, il convient de resorber les conflits politiques qui la traversent, de l'aider à reformer son système politique et sur cette base de l'intégrer dans le monde globalisé » ( P.224 ); le règlement des questions de sécurité africaine doit incomber aux africains eux-mêmes. En somme, le cas de l'Afrique mérite une attention particulière tant du côté des Etats Unis que de celui de la communauté internationale; autrement, « la tragédie de l'Afrique deviendra la plaie béante de notre temps » ( P. 233 ).Il n'en demeure pas moins que quelques lueurs d'espoir sont perceptibles, notamment avec l'Afrique du Sud et le Nigéria ( P.227-230 ).
13. Au delà de ce que Henry KISSINGER préconise dans cette oeuvre comme politique étrangère des Etats Unis en ce 21ème siècle, il marque sa particularité sur certaines questions phares du moment, ce qui confère à l'ouvrage toute son originalité.
14. Il en est ainsi de la globalisation dont l'auteur attribue du reste la paternité aux Etats Unis (P. 235). Il est assez intéressant de noter que sur ce point, Henry KISSINGER est un contempteur de la globalisation, du moins, la globalisation dans sa version actuelle qu'il qualifie d'extrême. Qu'on s'imagine un peu : il s'insurge contre la façon dont les Etats Unis veulent transposer ( imposer ? ) leur modèle de globalisation aux autres nations du monde, oubliant qu'il leur a fallu eux-même beaucoup de temps pour parvenir à leur stade actuel: « Il a fallu plusieurs dizaine d'années au modèle américain pour prendre sa forme actuelle. Il est impossible de reproduire à l'identique dans l'ensemble du monde en developpement ce qui a réussi aux Etats Unis et plus encore de le realiser à un rythme plus soutenu » .
Pour Henry KISSINGER, la globalisation dans sa version (extrême) actuelle a besoin d'être encadrée, reorientée car la globalisation n'est pas seulement économique; elle est aussi politique. Pour bénéficier à tous et jouer le rôle initial qui est le sien, à savoir celui de moteur de la croissance, il faut éviter que « le monde politique ne reduise à néant les réalisations économiques de la globalisation » (P.239) . Autrement, elle pourrait engendrer tôt ou tard de lourdes difficultés tant pour les pays en developpement et l'Amérique en tête (l'idée d'une recession économique) que pour les pays en voie de developpement où elle est souvent synonyme de restructuration des économies, de réduction des frais généraux, toute chose qui conduit inévitablement à des frustrations sociales. Le mouvement altermondialiste donne justement une idée de ce que la mondialisation telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui peut créer comme difficulté à l'avenir si elle ne prend pas en compte les considérations politiques.
Il fustige le système financier international à qui il reproche de manquer de clairvoyance et de prévisibilité.(P.243). Pour lui, il faudrait plutôt, une politique de la globalisation qui associe « aux aspects économiques de la globalisation une construction politique d'une ampleur et d'une inspiration comparables » ( P.260 ). Autrement, le risque est grand que les attaques contre la mondialisation « pourraient s'accompagner d'un nouvel extrémisme idéologique, notamment dans les pays où l'élite au pouvoir est réduite et où l'écart entre riche et pauvre ne cesse de se creuser. On risque de voir apparaître dans les pays développés, une classe très défavorisée permanente, un phénomène qui ne pourra que compromettre l'instauration du consensus politique dont dépendent la stabilité intérieure, la paix internationale et la globalisation, elle-même » ( P. 257)
15. Est tout aussi particulière, la position de l'auteur sur l'instauration d'une juridiction universelle : chose assez curieuse quand on sait que l'idée même de juridiction universelle est aujourd'hui de plus en plus partagée! Henry KISSINGER trouve cette idée, on ne peut plus dangereuse et pour lui « le monde ferait bien de peser soigneusement les indices d'une procédure qui autorise un seul juge , où qu'il se trouve et dans le fond, à sa discrétion, à affirmer sa compétence sur un citoyen d'un autre Etat pour des crimes que celui-ci aurait intégralement commis dans cet autre Etat, et à reclamer qu'un troisième Etat extrade le prevenu sans égards pour les procédures prévues en ce genre de cas dans le pays de l'accusé » ( P.307 ). Il reproche au système universel qui se met en place de ne pas prevoir des procédures assez rassurantes pour éviter l'arbitraire et la partialité. Pour lui, parlant de la Cour Pénale Internationale, le procureur dispose de pouvoirs discrétionnaires sans responsabilité. Il demande dès lors aux Etats Unis de ne pas faire partie d'un tel système tant qu'un certain nombre de conditions ne seraient pas remplies:
D'abord, « Le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait créer une commission des droits de l'homme ou un sous comité spécial chargé de signaler tous les cas où des violations sytématiques des droits de l'homme semblent justifier une action judiciaire ».
Ensuite, « Quand le gouvernement de l'Etat dans lequel le crime prétendu s'est produit n'est pas authentiquement représentatif, ou lorsque le système judiciaire intérieur est incapable de juger le crime en question, le conseil de sécurité devrait instituer un tribunal international ad hoc sur le modèle de ceux qui ont été créés pour la Yougoslavie ou le Rwanda ».
Enfin, « Les procédures de ces tribunaux internationaux ainsi que l'ampleur des poursuites devraient être définies avec précision par le Conseil de Sécurité, et les accusés devraient bénéficier de toutes les garanties d'un procès en bonne et due forme accordées par les juridictions habituelles » ( P.314 ). Si toutes ces conditions sont réunies, on peut être à l'abri de tout risque de partialité et d'arbitraire dans l'exercice de la juridiction universelle.
16. Par ailleurs, Henry KISSINGER adhère entièrement au programme américain de défense antimissile alors même que cette idée est serieusement remise en cause par les alliés et une bonne partie de l'opinion internationale. Cependant pour l'auteur de la nouvelle puissance américaine, ce programme est indispensable tant il est vrai qu'il y va de la sécurité des Etats Unis et ceux-ci ne sauraient condamner leur population à une vulnerabilité permanente ( P.73 ); Il souligne que la défense antimissile est tout aussi indispensable face à des puissances nucléaires solidement établies : « si l'on songe aux conséquences catastrophiques d'une explosion isolée, les Etats Unis doivent absolument se protéger du mieux qu'ils le peuvent contre des lancements accidentels, des attaques non autorisées ou des agressions limitées quelque soit leur objectif (...) le système de défense antimissile pourra ainsi être efficace contre les petites puissances nucléaires, tout en reduisant les risques de voir de grands pays déployer des moyens de grande ampleur, dans la mesure où ils ne pourront prévoir les conséquences de leurs efforts » ( P.74 ). Position tout de même curieuse quand on sait qu'au nom de la même question de l'armement des guerres préventives sont déclarées! On comprend évidemment que c'est l'intérêt des Etats Unis qui commande toutes leurs actions.
17. Un autre aspect qui retient remarquablement l'attention tout au long de la lecture de cette oeuvre, est la "rancoeur" que l'auteur semble avoir pour les alliés européens; l'Europe y est constamment évincée. Il semble voir en l'Europe un ingrat puisque « l'Amérique a même soutenu le projet d'unification de l'Europe » (P.49), et est souvent venue à la rescousse de celle-ci lors de la deuxième guerre mondiale par exemple ! Il reproche aux institutions européennes de favoriser l'éloignement croissant entre l'Amérique et l'Europe et voit d'un mauvais oeil, le fait que les alliés s'opposent de plus en plus à la politique américaine. Il n'approuve pas et ne comprend pas que l'Europe dans son ensemble s'oppose au programme américain de défense antimissile et critique la force européenne qui plutôt que de mettre l'accent sur l'accroissement de son potentiel militaire, insiste plutôt sur son autonomie. Sur ce point, il faut conclure que les prétentions européennes à une identité propre et à une autonomie entière ne sont pas du tout bien appréciées par Henry KISSINGER. Et à ce propos, la longue et épuisante polémique qu'a suscité l'intervention militaire américaine en Irak a renforcé cette position de Henry KISSINGER qui est, toute chose étant égale par ailleurs, celle de la classe politique américaine et de l'opinion américaine.
18. En définitive, cette oeuvre de Henry KISSINGER est intéressante à bien des égards.
D'abord, il nous permet d'avoir une idée assez nette de l'état du monde en ce 21ème siècle ainsi que de ce qui pourrait être la nouvelle politique étrangère américaine dans les années à venir4.
Ensuite, ce livre nous renseigne avantageusement sur l'histoire et la spécificité des grandes regions du monde, sur les grands principes américains de la paix et de la sécurité. Ainsi, on lira avec un intérêt sans égal l'historique et les différentes péripéties de la crise israelo-arabe, les conceptions particulières et historiques du Japon et de la Chine sur les questions de politique étrangère, d'économie, de sécurité, lesquelles conceptions sont basées sur une certaine identité culturelle solide.
Enfin, ce livre a dans une certaine mesure et en certains point, une valeur "prophétique" eu égard au fait que bien des points prevus par l'auteur sont entrain de se vérifier à l'aune du temps5.
19. Certes, il faut reconnaître que cette oeuvre n'est pas sans reproche. De nombreuses repetitions parcourent l'oeuvre et on peut considérer comme une perte d'énergie le fait que l'auteur ait passé son temps à dénigrer l'Europe; cependant, il reste que cette oeuvre a tout le mérite qui lui revient.
20. C'est sans doute pour toutes ces raisons qu'il faut absolument lire ce livre; et bien à propos, Le The New York Time ne croyait pas si bien dire, lui qui soulignait que « le président Georges W. Bush et ses conseillers seraient bien inspirés de lire ce livre. »

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